David ouvrit la porte du bar, anxieux. Il avait beaucoup hésité avant de venir, mais son instinct lui dictait d'aller le voir, si tout de fois il y était. Depuis une semaine il attend pour retourner dans ce bar, en espérant qu'il y soit comme vendredi dernier. Une semaine depuis leur entrevue au bar et maintenant qu'il y est, il hésite. Que pensera-t-il s'il le voit ici?
-Il n'est peu être pas venu. Après tout, nous ne nous sommes pas donné rendez-vous, et puis je l'ai quand même envoyé chier...
Le jeune homme jeta un rapide coup d'œil à la salle, repérant presque instantanément Thomas.
Mais il ignorait la conduite à tenir. Venir s'assoir avec lui, ou prendre une autre table?
-J'ai toujours 17 ans, et je ne peut pas m'assoir seul à un bar donc la question est réglé, ça me servira d'excuse, s’assura-t-il. Mais il se reprit vite... Depuis quand je cherche des excuses pour faire se dont j'ai envie?
Thomas le remarqua et, jusqu'à présent accoudé à la table, se redressa comme une invitation à prendre place. Le jeune pris une allure sûr de lui et s'assis en face du châtain.
-Je croyais que je pouvais aller me faire voir? Le nargua thomas.
David eu une grimace agacé. Il détestait se sentir piégé.
-Si je suis venu vous voir c'est pour une raison, avança-t-il.
Thomas sourit, comme s'il l'avait présagé. Il inclina la tête pour l'invité à poursuivre
David héla le barman et lui commanda un chocolat chaud.
-Je...En fait j'ai beso...
Le brun pris une mine contrarié, rechignant à prononcer ces mots. Il décida alors de contourné légèrement le sujet. Tourné autour du pot, quoi.
-Vous vous souvenez la semaine dernière, vous m'avez dit que je si j'avais besoin de quoique ce soit vous serez là, où en truc dans le genre en tout cas.
-Oui je m'en souviens parfaitement, acquiesça le châtain.
-Eh bien je... en fais j'ai du mal à rattraper les maths, et comme vous le savez j'ai refusé la proposition d'une élève de ma classe pour qu'elle m'aide à rattraper.
-Je suppose que tu refuse de revenir en arrière et de demander une aide auprès d'autres gens de ta classe.
-Exact, dit David, ravi que cet homme le comprenne. Question de fierté, ajouta-t-il.
-Pourquoi ne prendrais-tu pas des cours avec le "monitorat tutorat"? Demanda le professeur de maths.
-Je suis sûr qu'ils rêvent tous de m'avoir comme élèves, répondis David sardoniquement.
-Oui ce n’est pas faux, rit Thomas, ayant pitié du pauvre élève qui aura à charge David.
-Tes parents ne peuvent pas t'aidé? Reprit-il.
-Ma mère n'est pas du tout calée en maths. Mon père si, mais il vit loin et je ne le vois pas ces vacances ci.
Un silence se fit. Thomas comprenait la demande muette de son élève, mais préférait attendre qu'il propose de lui même l'idée. Il ne va tout de même pas lui mâcher le travail ! Si David veut quelques chose il demande, ça lui fera les pieds de ravalé un peu sa fierté !
-En fait je...Je me disais que vous pourriez m'aider, demanda David la tête baissé, anxieux de la réponse de son prof.
Le mot "m'aider", lui écorchait les lèvres, à lui qui, d'ordinaire ne sollicite l'aide de personne, avouer être en échec ne lui était pas aisé.
Thomas ne voulait pas refuser ces cours à David, au risque de perdre définitivement le peu de confiance qu'il avait placé en lui, mais d'un autre côté il ne peut non plus accepter de devenir le professeur particulier de David, car s’il l'aide lui, il devra également aidé ses camarades. Pas de traitements de faveurs entre les élèves. C'est un peu la déontologie du professeur.
-D'accord. Mais écoute-moi bien. Tu ne devras le dire à personne et se sera juste le temps de rattraper ton retard.
David, tente de garder un visage impassible, mais ses yeux trahissent sa joie.
-Ne vous inquiétez-pas, Monsieur Ward je ne le répèterais pas à vos groupies, le taquina-t-il.
Thomas sourit à cette remarque. Il est vrai qu'il lui arrivait de recevoir des compliments de lycéennes et parfois même des avances. Il passait un peu pour le prof canon du lycée, jeune, beau et intelligent.
-Fais-voir ton emploi du temps, exigea-t-il sur le ton utilisé lorsque l’on conclue un marché.
David lui tendit son carnet de correspondance où au dos était collé son emploi du temps. Thomas examina celui-ci quelques secondes.
-Le vendredi, de 17 à 18h, ça te vas?
Le jeune homme brun hocha la tête positivement. Puis la baissant, il murmura un "merci" à peine audible, reconnaissant. Thomas fut attendri par le regard fuyant du jeune homme et lui renvoya son plus beau sourire.
-Parles-moi de toi David.
Le concerné releva la tête étonné par cette soudaine question. Un sourire narquois fendit alors son visage.
-J'ai l'impression d'avoir à faire à un psy!
Thomas pris une voix sérieuse et joint le bout de ses doigts.
-Je vous écoute M.Skrelta, expliquez moi la raison de votre visite.
David se prit alors au jeu et le fixa d'un air taquin.
-Voyez-vous Monsieur, mon professeur de mathématiques me pose des questions personnels, ce qui, je l'avoue, me déroute un peu.
-Ses questions vous gênent?
David prit un temps de réflexion et repris la parole un ton plus bas.
-J'ai juste peur d'y répondre.
-Pourquoi? S'intéressa alors l'homme châtain abandonnant son rôle de psychologue.
-Je n'aime pas parler de moi et j'ignore si l'intérêt que vous portez à mes réponses est sincère.
Thomas Ward l'observa longuement. Ce jeune homme habituellement si sûr de lui et impénétrable, laissait peu à peu ses barrières s'effondrer. Il en étai incroyablement touché.
-Il a besoin de se sentir important pour quelqu’un et de sentir que l'on s'intéresse vraiment à lui.
-Il l'est David, déclara-t-il sincèrement.
Le jeune homme planta ses iris gris dans les siens, habituellement froid et cynique, où Thomas y lit une sorte d’apaisement. Le jeune prof' reprit :
-Parles-moi de toi. Parles-moi de ta famille, de tes passions, de tes loisirs, et de tout se dont tu voudras me parler, exprima le jeune prof.
David réfléchit, hésita puis décida de se lancer en croisant le regard rassurant du bel instituteur.
-Je...Je ne sais pas quoi dire, ria nerveusement le brun. Je, je vis avec ma mère et ma sœur, mes parents ayant divorcés quand nous avions dix ans nous sommes venu vivre ici, à Iloime. Mon père est resté à Avronne où il s'est remarié 1 an plus tard et il a eu une fille âgée aujourd'hui de 7ans.
Il s'arrête, ne sachant pas si il doit continuer ou non, si se qu'il raconte intéresse Thomas. Mais étrangement, David parlait de lui avec une facilité déconcertante, mettant sa réserve au placard. Le châtain demanda justement plus de détails.
-Tu t'entends bien avec eux?
-Je suis très proche de ma mère. C’est une femme exceptionnelle qui fais tout pour nous rendre heureux Léo' et moi. Mon père et moi sommes complice, mais la distance nous fait la perdre. Léo', c’est comme ma moitié en tant que jumeaux et même si nous sommes l'opposé l'un de l'autre caractériellement parlant, nous nous comprenons et nous nous aimons. Je dirais même que l'on se complète ! Quant à ma belle-mère et ma demi-sœur, je ne leur accorde aucune importance. Confessa-t-il.
Ils discutent ainsi pendant plus d'une heure, racontant chacun à leur tour un petit bout de leur vie respective, tentant d'éviter les sujets sensibles. David parla de ses activités, peu nombreuses, certes, mais présentes.
David apprit énormément sur Thomas. Celui-ci avait quitté sa famille à 18 ans ne se sentant pas à l'aise avec eux. Quelques années plus tard il obtint son premier poste d'instituteur au lycée d’Olyan à Iloime, il y plus d'un an. Il à un frère de deux ans son aîné dont il n'a jamais été proche se qui semblait attristé le beau châtain. En ce moment il vie en colocation avec deux personnes, rechignant pour l'instant à emménager seul.
David écoutais son professeur parler avec grand intérêt, avide d'en apprendre plus sur lui. Lui-même se confia un peu plus, lui relatant son goût pour la music et ce que celle-ci lui apporte, l'évasion vers un autre monde, la joie et également la peine. Il lui parla de ses habitudes à courir comme un dingue le soir, en haut de la colline d'Iloime pour atteindre le sommet au moment du couché du soleil. Et sa passion des mangas dont il avait une belle collection, pour la plupart d’ailleurs, dans le style yaoi.
Ils se découvrirent l'un et l'autre, et apprirent à s'apprécier et à se faire confiance et ce n'est qu'a la nuit tombé qu'ils se quittèrent, retournant dans leur foyer respectif, ravi de ce rapprochement.
A la sortie du bar David s’était résolue à appeler sa mère. A 19h 30 celle-ci devait s'inquiéter de ne pas voir son fils rentrer et comme le jeune homme avait oublié de rallumer son portable à la sortie du lycée, celle-ci ne pouvait pas le joindre.
Eliane décrocha au bout de 3 sonneries, la voix inquiète.
-Maman c'est David, ne t’inquiètes pas, j’arrive…
Marine==> Et qu'est-ce que t'en sais que c'est pas sensible un chacal??!





