Ils étaient tout deux assis sur
le canapé qui trônait au milieu de salon du petit appartement de
Thomas, en silence. Aucun d’eux ne bougeaient. Thomas avait
préparé du café, pressentant une nuit qui ne n’en était pas
à se fin, malgré
l’aurore qui ne tarderait pas à pointer son nez. De longues
minutes s’étaient écoulées et David ne sortait toujours pas
de son mutisme, les doigts crispés sur sa tasse de café que ses
lèvres n’avaient toujours pas touché. Thomas craignait
qu’il ne la fasse exploser et qu’il ne se blesse. Ses
mains étaient suffisamment abimées ainsi pour que des coupures
s’ajoutent aux traces déjà présentes sur ses phalanges qui
témoignaient de la violence des coups assénés à l’agresseur de sa
précieuse jumelle. Coups qui avaient failli donner la mort à cet
homme, ce détraqué à qui Thomas avait offert un sursis, obligeant
son amant à lâcher sa prise. Pas par pitié. Les gens comme lui
méritaient de crever au fond d’un trou dans les souffrances
les plus atroces, d’autant que ce détraqué-ci sortirait
rapidement de prison et pourrait de nouveau se livrer à son
passe-temps favoris, Thomas en était certain. Non, s’il avait
empêché David de le tuer, emporté par sa rage, c’était pour
le préserver. Le protéger des conséquences de ses actes comme lui
avait protégé sa sœur.
Thomas ôta la tasse des mains de
son amant et y glissa les siennes à la place, les serrant fermement
entre ses doigts pour lui transmettre du réconfort. David fixait le
sol. Ou plutôt l’invisible, le vide. Son regard ne fixait
rien sinon les images qui défilaientt dans son esprit. Son corps
était animé de légers frissonnements accompagnés de la contraction
ponctuelle des muscles de ses doigts qui emprisonnaient les mains
de Thomas, plantant même ses ongles dans la peau du châtain qui ne
réagissait pas, conscient de l’état émotionnel de son amant.
Thomas l’attrapa par les épaules, libérant ses mains et le
colla fermement contre la poitrine. David s’accrocha à son
t-shirt, fixant toujours l’invisible et bien que ses yeux
brillaient et son nez rougissait, aucunes larmes de coulaient.
David n’était pas homme à pleurer.
Thomas caressa tendrement ses cheveux et prononça des paroles
rassurantes.
-Clame-toi mon amour, elle a échappé au pire. Tu peux être fier de
toi, tu as su la protéger comme il le fallait.
-Mais j’aurais put arriver avant. Ou l’empêcher de
partir avec ce malade ! Elle a connu cette peur et a
gouté un aperçu de ce qu’est le viol, ça je ne me le
pardonnerais jamais…Objecta David sa voix forte et assurée
au début diminuant jusqu’à devenir un murmure enroué.
-Non David. Tu n’aurais rien pu faire d’autre, arrête.
Tu ne peux pas
deviner ce qu’il se passera à l’avance sinon la vie
serait beaucoup plus facile.
-Mais s‘il l’avait…
-Non ! l’interrompit d’une voix autoritaire Thomas
qui ne supporter pas de le voir culpabilisé inutilement. On a évité
le pire et imaginer ce qui ne s’est pas passé ne sert à
rien !
David se leva d’un bond, les membres tremblants et les traits
tirés il semblait très agité, il se frottait le visage d’un
geste très nerveux.
-Pourtant j’ai toutes ces images dans ma tête. Elles me
bouffent Thomas, tu ne peux pas comprendre. Je n’arrive pas à
les faire partir ! Je me souviens de lui et… Sa voix
mourut dans sa gorge alors que tout doucement des larmes coulaient
le long de ses joues. Je m’imagine que c’est elle,
Léonia…a ma place.
Thomas fronça les sourcils. Les
paroles de David étaient de plus en plus incohérentes. Cette
histoire l’avait visiblement ébranlé plus qu’il ne
l’imaginait. Un peu trop d’ailleurs. Au final, tout
s’était bien fini, pourtant David était étrangement et
exagérément affecté.
Il ne comprenait pas.
Il se leva et se rapprocha de
David qui lui tournait le dos, sa main caressait avec brusquerie le
bois d’une chaise alors que l’autre frottait sa cuisse
nerveusement. Son
corps tremblait légèrement.
-Ta sœur est forte David. Tout comme toi. Vous avez un fort
mental elle s’en remettra facilement.
-Tu te trompe Tom, répondit David en tournant la tête sur le côté
sans pour autant faire face à Thomas. Je suis tout le
contraire… Elle a était si courageuse, elle a sut lui
résister, alors que moi…
Le châtain posa une main apaisante sur son épaule mais aussitôt David s’en
dégagea avec brutalité, comme si ce contact le brulait.
-David…gémit Thomas qui ne comprenait plus ses réactions, et
encore moins le regard effrayé que lui avait lancé David au contact
de se main.
-Qu’est-ce qui t’arr…Mais il ne finit pas sa
phrase.
Son regard effrayé,
ses réactions excessives, son comportement parfois étrange et
surtout… cette phrase. Quelle était-elle déjà ?
J’imagine
que c’est Léonia…à ma place.
A ma place.
Thomas comprenait enfin de quelle place il
parlait.
-Mon Dieu, David…
Ils se fixèrent un long moment,
en silence, puis David détourna le regard, ne supportant pas celui
de Thomas. Il avait honte, honte de ce qu’il avait subit
alors qu’il ne devrait pas, c’était lui la victime.
Mais il avait toujours éprouvé un profond dégout pour lui-même
depuis ce jour. Une
souillure de son âme et de son corps qu’il ne parvenait pas à
laver.
Des larmes ruisselèrent doucement, silencieusement sur ses jours,
mais son visage lui, ne souffrait d’aucune émotion.
-Oublie ce que je viens de te dire Tom, ça n’a aucune
importance.
-Aucune importance ? David, ce qui t’es arrivé est
grave, comment tu peux dire que ça n’a pas
d’importance ?
-Tu ne sais rien ! Strictement rien, et cette histoire ne te
regarde pas ! s’écria David, ses yeux gris métalliques
foudroyant Thomas qui souffrait de son rejet. Les tremblements de
David s’accentuèrent et alors qu’il tentait de
contrôler ses larmes, il craqua. Ses mains plaquées contre sa
bouche, il chercha à étouffé un cri de douleur. Une douleur que ses
yeux reflétaient de trop pour Thomas, qui d’un pas se
rapprocha et qui malgré le débattement de son amant, le serra fort
contre le lui à ‘en étouffé.
-Laisse-moi. S’il te
plait, je ne veux pas que tu me vois comme ça. Que tu ais pitié,
souffla le brun, contre le cou de l’homme qu’il
aimait.
-Je n’ai pas pitié de toi. Savoir que l’on t’a
fais tu mal me fais juste souffrir, et j’aimerais comprendre.
Comprendre ce qu’il t’est arrivé, parce que je
t’aime et que je veux t’aider. Alors s’il te
plait, fais-moi confiance.
-Je peux pas Tom, je peux pas. Je…je ne l’ai jamais
dit à personne, jamais. Je… je ne veux pas le revivre encore
une fois. J’avais réussit à l’oublier, mais là, après
ce qu’il s’est passé avec Léonia, tout a resurgit,
confessa David faiblement, agrippé au dos de Thomas.
Il ne répondit rien, embrassant sa tempe pour le réconforter, le
rassurer, et entourant ses épaules de son bras pour qu’il se
sente en sécurité. Quand ses pleurs cessèrent, ils s’assirent
sur le canapé. David avait reprit son regard morne, sans vie.
-C’était…il y a longtemps ? hésita Thomas.
David ne répondit pas dans un premier temps puis céda. Il ne
voulait pas en parler et pourtant, il ne retint pas sa
réponse.
-Oui, très longtemps. Il y a onze ans.
Thomas ferma les yeux. David avait sept ans.
-Qui ? demanda t-il les coudes sur les genoux et les jointes
comme en prièrent camouflaient son nez et sa bouche.
Non. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas lui dire ça. Ce serait se
replonger dans ses souvenirs les plus noirs, les plus douloureux,
qu’il avait toujours cherché à oublier, ne réussissant
qu’à les enfouir au fond de lui mais qui, comme un poison le
rongeait de l’intérieur, s’attaquant à tout ce
qu’il y avait de bon en lui, détruisant ses joies, pour faire
de lui un homme froid, insensible, et à jamais triste. Cet homme
l’avait tout simplement détruit.
Mais cela faisant onze longues années qu’il gardait ce
secret, en lui, sans que personne ne s’en doute. Et il se
sentait lourd de le portait seul, ce poids qui l’écrasait un
peu plus chaque jour. Il était à bout.
Alors oui, il avait peur. Peur de la réaction de Thomas, de son
jugement et du regard qu’il porterait sur lui. Il le
regretterait. Probablement. Surement. Mais peut-être…que ça
ira mieux après, qui sait ?
-C’était, mon professeur, mon maître. En CP.
Désolée pour le temps que j'ai mis à poster ce chapitre, je l'ai pas mal modifier et d'ailleurs il ne me satisfait toujours pas entièrement :s Tant pis.
Je l'ai coupé en deux pour ne pas qu'il soit trop -et pour ménager votre coeur -, donc je mets la suite sur l'ordi et c'est bon. Mais comptez deux semaines au moins =)
=> Bon, alors beaucoup avait deviner le "David's secret" et bravo (bon en même dans c'est pas comme si je l'avait beaucoup camoufler et j'aurais plutôt tendance à dire que j'ai lâché pas mal d'indices ^^ Mais c'est pas fini! La suite - la plus dur- arrive.
Plus que 3 chapitres mes amis !
Unimanga (précise qui c'est ^^) => oui c'est vrai qu'après avoir vécu ça on peut se poser la question mais toutes les femmes (puisque c'est quand même plus courant) qui se font violer ne deviennent pas forcément lesbienne car dégoutées des hommes, il faut juste apprendre à vivre avec ça. Et puis bon, c'est du yaoi quand même donc David allait pas être hétéro xD
Certaines remarques que vous avez dites durant les derniers chapitres sont très pertinantes et j'avais justement l'intention ne les dévelloper dans le prochain chapitre ^^ Comme deadly par exemple sur la réaction de Thomas. C'est pas pour rien que j'ai fait en sorte que ^celui qui as fait ça à David soit aussi un prof


